Jean-Paul Gaultier, L'enfant terrible de la mode

    Le 24 Avril 1952, à Arcueil naît Jean-Paul Gaultier. L'enfant unique d'un père comptable et d'une mère secrétaire, est rêveur et solitaire. Il boude l'école et se réfugie chez sa grand-mère où il fait ses premiers dessins de modèles de haute couture. Son inspiration vient de son entourage, un univers urbain. C'est à partir de ce moment-là que la mode va devenir une véritable passion pour le jeune homme. Sa grand-mère l'initiera à la couture à un très jeune âge (il semblerait qu'il faisait déjà des expériences sur son ours en peluche alors qu'il avait 6 ans).

    C'est notamment dans une malle de sa grand-mère que le petit Jean-Paul découvrira les corsets, objets qui deviendront symbole de sa future marque. C'est après avoir vu le film "Falbalas" de Jean Becker, qu'il est décidé à faire de la couture plus qu'un passe-temps. Il enverra donc ses croquis à Pierre Cardin.

    Le jour-même de ses 18 ans, il intègre la prestigieuse maison de couture où il restera un peu moins d'un an avant de rejoindre Jacques Esterel; puis en 1971 il s'ajoute à l'équipe de Jean Patou. En 1974, il revient tout de même chez Pierre Cardin, qui l'envoie aux Philippines afin de dessiner les modèles destinés au marché américain. Il lance sa première collection au Palais de la Découverte à Paris mais c'est deux ans plus tard qu'il se décidera à créer sa propre griffe. Sa première ligne ne rencontre pas le succès voulu et Jean-Paul Gaultier pense alors à tout abondonner, mais ce sera la marque Kashiyama, en lui demandant de lui faire une ligne de vêtements, qui le lancera.

    Il crée sa griffe en 1977. Sa première collection de prêt-à-porter féminin date de cette époque et fait une entrée fracassante dans l'univers un peu trop sage de la mode. En effet, le créateur sait s'entourer et a une vision totalement à contre-courant de la mode. Le style Gaultier est né.

    Celui qu'on a toujours baptisé "l'enfant terrible de la mode" est l'incarnation même,  dès son apparition, du créateur branché et noceur, iconoclaste et toujours à l'avant-garde. Avec son talent inclassable, il aime choquer et mélanger les styles .

    Ainsi, on voit apparaître une collection "éthique", près de 20 ans avant que l'interêt pour ce mouvement ne se fasse sentir. C'est "83" qui hissera Jean-Paul Gaultier vers le sommet, car cette collection verra l'arrivée de ce qui deviendront les "classiques" Gaultier telles la mode Boy Toy/homme objet, et la marinière. En 1985, il crée la jupe pour hommes, pantalon à jambes larges se repliant l'une sur l'autre, dans une collection intitulée " une garde-robe pour deux". La mode s'annonce unisexe et le fameux bustier conique fait son apparition. Un soupçon de provocation s'ajoutera dès lors aux collections.

    Son propre look fait de lui un personnage culte avec son pull marin, son kilt et sa coupe brosse blond platine. Représentatifs de son oeuvre au long cours, les soutiens-gorges coniques, les robes aux chevilles, inspirées de pulls marins qu'il aime arborer mais aussi la Robe-Corset.

 

    Stars et personnalités de la culture ont sa faveur : il crée les costumes de scène du Blond Ambition Tour de Madonna en 1990, ce pourquoi il est principalement connu à ce jour. Il crée aussi les costumes de Mylène Farmer, ainsi que ceux de certains ballets de Régine Chopinot ou encore ceux du Cinquième Elément, film de Luc Besson. Tous se pressent au premier rang de ses défilés. Mais il anime également une émission britannique Eurotrash (littéralement « europoubelle ») avec Antoine de Caunes.

    Son succès triomphal lui permet d'affirmer son combat contre les barrières raciales et géographiques, contre l'intolérance. Les thèmes de ses collections illustrent bien sa volonté de mélanger les genres et de rompre les codes: "Les Russes", "Les Rock-Stars", "Une garde-robe pour 2", "Black Beauties" ...

    Caractère récurrent dans son travail, le mélange des matières et des cultures, chic et goût limite, sport et urbain, cuir et latex, perfecto et tutu. Sur les podiums des défilés, loin des canons mincissimes des autres maisons, il convoque parfois des mannequins plus vieux, plus ronds.

    Outre la haute-couture et le prêt-à-porter, il décline sa marque sous forme de meubles, produits de beauté, dont une ligne de maquillages et soins pour hommes et de parfums présentés dans une boîte de conserve comme Jean-Paul Gaultier Classique sorti en 1992 ou Le Mâle sorti en 1995.

 

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