Les différentes techniques d'extractions

2.Les différentes techniques d'extraction

Les Egyptiens de l'Antiquité savaient déjà extraire leurs essences odoriférantes de matières naturelles. La chimie moderne a participé à l'analyse des composants de parfums et d'arômes et à la production industrielle de substances aromatiques désormais à la portée de tous.

 

Les modes d'extraction sont donc passés de l'artisanat à l'industriel en utilisant des techniques de plus en plus perfectionnées, pour chaque type de produit :

  • L'hydrodistillation est un procédé mis au point dès le IXéme siècle et appelée aussi "entraînement à la vapeur d'eau". Elle consiste à percoler la matière première avec de la vapeur d'eau. C'est à dire qu'on fait bouillir de l’eau en présence de plantes ou de fruits. La vapeur d ’eau entraîne alors les espèces odorantes qui sont ensuite condensées et donne l'huile essentielle de la matière première. Elle est utilisée pour les matières premières peu sensibles à la chaleur par exemple pour extraire l'huile essentielle de rose ou du bois de santal . On distingue les produits au fur et à mesure de la distillation, on recueille alors dans l'ordre d'abord une "note de tête" , une "note de cœur" et une "note de fond".

 

  • L'extraction aux solvants volatils apparait à la fin du 19ème siècle. Cette façon de procéder permet de s'occuper de fleurs qui ne donnent pas de bons résultats avec la distillation comme la rose centifolia, le narcisse ou le mimosa. On extrait le parfum des plantes ainsi que les cires : avec cette méthode on épuise vraiment la plante. On remplit l'extracteur avec un solvant qui est de l'éther de pétrole ou du benzène. On effectue plusieurs lavages avec le solvant pour extraire tous les parfums. On envoie ensuite le solvant parfumé dans un décanteur pour éliminer toute trace d'eau provenant des fleurs. L'eau plus lourde que le solvant est au fond du décanteur et le solvant parfumé plus léger à la surface. Il suffit d'enlever l'eau. Aprés évaporation du solvant on obtient la "concrète" s'il s'agit de fleurs et un "résinoïde" si on distille des plantes, feuilles, gomme. On effectue un lavage à l'alcool dans les batteuses. Ainsi les cires végétales qui ne se dissolvent pas dans l'alcool sont séparées de la concrète. On effectue un glaçage (action du froid) puis un filtrage pour se débarrasser des cires. Une fois l'alcool évaporé on obtient "l'absolu de concrète"

     

On utilise ce procédé pour :

- Les matières végétales fraîchement cueillies: jasmin, tubéreuse, rose, narcisse, genêt, néroli, on obtient des concrètes.

- Les matières végétales desséchées : mousses, résines, baumes, gommes, produits animaux. On obtient des résinoïdes (au lieu de concrètes). - Epices végétales (poivre, coriandre, gingembre).

 

  • L'Enfleurage est la technique la plus ancienne, mais elle n'est plus utilisée aujourd'hui. Cela consistait à récupérer les pétales des fleurs fragiles et d'en déposer une fine couche sur une pellicule de graisse animale. Au bout de 24h, on retirait les pétales, puis on recommençait l'opération plusieurs fois jusqu'à saturation de la graisse. Ensuite la pommade était raclée et lavée pour obtenir finalement des infusions.

 

  • L'expression est un mode d'extraction réservé aux écorces d'agrumes, qui est suffisamment riche pour pouvoir en exprimer simplement les essences naturelles. Il se fait à froid, pour préserver la fraîcheur de l'odeur. Les fruits sont compressés, puis l'huile essentielle séparée du jus du fruit par centrifugation.

 

  • L'extraction au CO2 supercritique est le procédé le plus récent d'extraction à froid, qui met à profit des propriétés du CO2 pour reproduire au plus juste l'odeur de la matière odorante, sans altérer la plante. On fait d'abord passer le CO2 à l'état liquide en le plaçant sous pression à une température inférieure à 40°C. Il permet ainsi d'extraire des substances odorantes peu volatiles comme celles que dégagent les épices. On peut ainsi obtenir des extraits d'une qualité olfactive et d'une pureté exceptionnelles. Il faut préciser que le CO2 recyclé ne pollue pas ; c'est donc une technique respectueuse de l'environnement.

 

 

Visite d'une entreprise de parfumerie :

    Nous avons visité l'entreprise TAKASAGO qui est une entrerprise japonaise spécialisée dans la parfumerie. Les quatre grands services de cette entreprise sont la production, le contrôle qualité, l’achat des matières premières et l’administration des ventes. Une soixantaine de personnes  travaillent dans l’usine, dont 20 à la production et 10 au contrôle. Il existe environ 2000 matières premières référencées pour la fabrication des parfums.

 

  • Les étapes de la fabrication d'un parfum :

 1. Impression de la formule .

 2. Sélection par un robot de toutes le matières premières contenues dans la formule et remplissage des cuves. Les matières premières qui ne peuvent pas être saisies par les robots sont incorporées manuellement.

 3. Mélange de toutes les matières premières dans la cuve .

 4. Contrôle en production : densité et indice de réfraction

 5. Autres contrôles : Contrôle olfactif, chromatographie à phase gazeuse, point flamme , couleur etc…

 6. Emballage

 7. Expédition

 

 

Contrôles des produits :

Pour passer des matières premières aux produits finis, il existe de nombreuses contraintes:

 - des contraintes de qualité pour déterminer un seuil minimum de caractéristiques.

 - des contraintes fiscales avec les impôts et taxes.

 - des contraintes législatives qui fixent les lois sanitaires et les normes de qualités françaises et européennes. 

 - des contraintes toxicologiques, les composants du parfum  ne doivent pas provoquer de problèmes de santé ou des    réactions cutanées.

 

 

 

 

 

 

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